Marcher entre la plage de Fautea et l’Arinella di Fautea, c’est saisir une liberté discrète là où, ailleurs, le littoral corse se hérisse d’interdits. Ici, le promeneur passe encore, même si des conventions privées jettent parfois le trouble sur la clarté du droit de passage. Rien d’officiel ne vient barrer la route, mais le sentier joue à cache-cache, rarement affiché sur les cartes touristiques, balisé du bout des doigts et traversant, au fil des pas, tantôt des propriétés publiques, tantôt des domaines privés. Cette ambiguïté nourrit la curiosité et, il faut bien l’avouer, quelques interrogations sur la légitimité des chemins empruntés.
Entre mer et maquis : ce qui rend la plage de Fautea Arinella unique pour les randonneurs
Sur le territoire de Zonza, tout près de Sainte-Lucie de Porto-Vecchio et non loin de Solenzara, la plage de Fautea, aussi appelée Arinella di Fautea, compose un tableau que peu de côtes méditerranéennes peuvent offrir. Ici, l’histoire croise la nature sans que l’une ne vole la vedette à l’autre. Surplombant le sable doré, la tour génoise du XVIe siècle guette encore, vestige de ces temps où la surveillance du littoral n’était pas un vain mot. L’anse, bien à l’abri des vents, déroule une plage au grain fin, face à la mer Tyrrhénienne.
Tout autour, le maquis s’impose. Pins laricio, genévriers, arbousiers et myrtes forment une ceinture végétale dense, piquetée de cistes et d’immortelles. Depuis 1979, le Conservatoire du Littoral veille sur ce morceau de côte, garantissant que les 37,66 hectares échappent à la tentation du béton et à la disparition de la faune et de la flore locales.
Le regard attentif y croisera peut-être la cistude d’Europe, quelques guêpiers colorés ou la silhouette effilée du cormoran huppé. Dans l’eau cristalline, saupes et girelles s’invitent parfois à la fête, à portée de masque et tuba. Sur les pentes, la dauphinelle de Requien continue de pousser, tranquille, loin de la cohue des mois d’été.
Grimper jusqu’à la tour offre un point de vue qui mérite l’effort : montagnes corses d’un côté, mer étincelante de l’autre. Le relief révèle, selon l’heure, tantôt la rudesse de la roche, tantôt la douceur du sable. Fautea, c’est ce point d’équilibre rare où l’histoire, la nature et la mer dialoguent sans jamais se disputer l’espace.
Quel itinéraire à pied pour relier Fautea Arinella : conseils, points d’intérêt et baignades sur le parcours
La balade entre la plage principale de Fautea et l’Arinella di Fautea s’impose comme un classique de la Corse-du-Sud pour qui veut vraiment sentir la côte sous ses pas. Depuis le parking jouxtant la RN198, l’accès à la plage se fait sans peine, sous la protection des pins. Deux itinéraires s’offrent alors à vous :
- longer le rivage en direction de la tour génoise
- ou bien suivre le sentier qui prend de la hauteur à travers le maquis
La montée vers la tour, bâtie au XVIe siècle, dévoile un panorama qui vaut plus qu’une simple photo. Jadis sentinelle contre les pirates, la tour reste le point de repère du parcours. De là-haut, la vue porte loin, jusqu’aux sommets corses, tandis qu’une odeur d’immortelle flotte dans l’air.
En redescendant, le chemin conduit à la plage de la tour, moins fréquentée, avant de poursuivre vers la vaste plage de Lavu Santu, surnommée plage des Américains. L’atmosphère y change : le sable reste vierge, peu de monde foule le rivage, et la mer, translucide, se prête à toutes les envies de snorkeling. On y accède par un sentier étroit, parfois un peu raide, qui serpente entre genévriers et blocs de granit.
Quelques conseils pour profiter pleinement du trajet :
- Optez pour de bonnes chaussures, la roche peut surprendre par sa glissance
- Évitez Lavu Santu avec des enfants en bas âge : la profondeur s’accentue rapidement
- Pensez à prendre masque et tuba, la vie sous-marine mérite le détour
Grâce à la protection du Conservatoire du Littoral, le site a su préserver une authenticité rare sur l’île. À chaque pause, l’occasion se présente d’une baignade différente, entre anse confidentielle et longue plage sauvage. Marcher ici, c’est avancer sur un fil tendu entre nature brute et mer indomptée, et s’offrir, à chaque détour, l’impression furtive d’avoir découvert un fragment de Méditerranée qui ne doit rien à personne.


